Amihan & Nova

Cela va faire 10 ans que j'erre sur cette île à la recherche d’une solution, de réponse malheureusement celles-ci semblent ne pas vouloir être connues. Il n’y a plus rien ici, tout n’est que déchet et dévastation. C’est un miracle que je puisse encore pêcher pour me nourrir. Je ne veux pas partir d’ici ce sont mes terres pourtant j’y ai pensé plus d’une fois mais si je pars que restera t’il ? Je ne peux pas partir, aussi lâchement qu’ils l’ont fait. Mais cette île vide, cette solitude… c’est si lourd à porter. Je ne sais même pas comment fut ce pays avant je sais juste qu’aujourd’hui ce n’est qu’un terrain vague sans vie mais pourtant l’âme de cet endroit semble encore là je la ressens, c’est elle qui me pousse à rester. Je sens toute la résilience que ces lieux ont en eux. Alors, je me suis mis dans la tête de l'aider, elle, cette île qui est ma seule compagnie. Tous les jours je nettoie les déchets, je retire ce qui doit être retiré, je creuse à la recherche de végétaux lorsqu’il n’y en a pas j’enterre les déchets. Je n’ai trouvé aucune autre solution que celle-ci. La terre est tellement souillée, bien que je connaisse l’île par cœur, en 10 années que j’ai passées ici je n’ai jamais pénétré dans le village. J’ai peur de ce que je pourrais y trouver. Pourtant, c’est bien là-bas que j’ai grandi, je me souviens de ce jour. Le chaos régnait, la période des crues a été particulièrement violente mais celle-ci était différente. Tout ce que l’eau a touché est mort. Les arbres, les animaux aussi et d’un coup la vague s’est approchée du village. Ils ont réussi à grimper dans les arbres mais alors que j’approchais moi aussi d’un point sécurisé, je glissa sur un tronc et la crue m’emporta jusqu’à la mer. J’ai dérivé durant de longs jours et finalement j’avais réussi à revenir sur les côtes, j’ai couru aussi vite que possible pour rejoindre le village mais il n’y avait plus rien, plus personne tout est fini, ils m'ont abandonné ici sans explication. Alors, non je n’y suis jamais retourné, c'est trop difficile, même si cela me permettrait de comprendre, mais peut-importe comment ont-ils pu me laisser ici. Je n'avais que 10 ans… Chaque jour de ces 10 dernières années je n’ai cessé de me poser la question, je n’aurais jamais la réponse. Pourquoi cette crue avait-elle fait tellement de dégât, les crues ça arrivait tout le temps mais là c’était différent, l'eau était douloureuse, rouge et dévastatrice. Aujourd’hui, j’ai passé un cap, je veux savoir… mais trouverais-je des réponses ? Alors, j’entame ce périple, bien décidé à découvrir ce qu’il s’est passé. Alors que j’arrive au niveau du village, je découvre avec stupeur un individu étrange. Elle parle toute seule, mais que fait-elle ici avec ces vêtements étranges. Je me cache directement et je décide de l’observer. Elle parle seule et semble ne pas être connectée à la réalité. Elle ne ressemble pas à un colons mais elle fait des gestes étranges dans le vide, c’est vraiment très bizarre… je décide de monter dans un arbre pour pouvoir l’observer sans qu’elle ne me remarque mais avant d’arriver sur la dernière branche elle se brise mais oui le bois est mort ici comment-ai-je pu oublier ça c’est comme si mes vieux reflex avaient refait surface.. Avant que je n’ai le temps de penser à autre chose je tombe sur…elle. Mon corps me fait terriblement mal. Elle semble inconsciente, au moins, ça fait un problème en moins. Ces choses étranges qu’elle portait sur son nez étaient brisés en milles morceaux c’est alors qu’elle ouvra les yeux, j’hurla de peur, elle aussi… avec du recul cette scène était très comique mais sur le moment je peux vous dire que ni elle ni moi n’en menions large. Elle se mit à me regarder, je le regardait aussi c’était un concours à qui réussira à s’échapper en premier mais lui comme moi avions trop peur de la réaction qu’une fuite pourrait engendrer pour l’autre. Ses lunettes, voilà tout ce qui la préoccupait. Dès qu’il vu qu’elle était brisé c’est comme si rien d’autre au monde n'avait d’importance pourtant, c'était bien le cadet de ses soucis il était sûrement blessé. Elle hurla sur moi, me disant que j’aurais dû faire attention, qu’il était perdu sans ses lunettes, qu’il ne pourrait plus jamais rentrer chez elle. Mais c’est pas possible de crier autant pour de simples morceaux de je sais pas trop quoi… Il parle d’un engin qui vole, de lunettes qui envoient dans le métavers comme si je comprenais quoi que ce soit… je crois que sa tête est plus abîmée qu’on le pensait. -”Je m'appelle No” dit-elle, et soudain je réussi enfin à me connecter à elle… pour la première fois, je sentis son âme même si elle était très discrète et légère comme si elle avait été muselé. Je lui répondis, “moi c’est Amihan”. Je vais essayer de lui venir en aide, je ne souhaite à personne de rester enfermé ici. Même si je ne sais pas vraiment ce qu’est un “drone”. Je lui demande combien de temps elle a marché et à quoi ressemble l’engin. Le souci c’est qu’elle ne sait rien…nous allons devoir réaliser un véritable jeu de piste. Malheureusement mes instinct de chasse m’ont quitté depuis bien longtemps. Mais elle me dit qu’elle a l’habitude de jouer à des jeux d’exploration dans le métavers…encore une fois comme si je savais de quoi elle parlait. Elle m’expliqua en quoi cela consistait et effectivement ma connaissance de l'île couplé à ses “compétences” dans le métatruc pourrait s'avérer efficace. Maintenant, nous savons où nous allons, alors nous n’avons qu’à continuer le chemin. Mais il se fait tard, il n’est pas très raisonnable d’y aller maintenant, je demande à No si elle souhaite rentrer avec moi à mon campement et reprendre la route demain. Alors qu’elle accepte nous nous mettons en route. Elle semble si déboussolée que je lui demande pourquoi elle a l’air si surprise elle m’explique que c’est la première fois qu’elle retire ses lunettes depuis 4 ans et que cela est très étrange. Qu’elle a toujours vécu en ville et qu’elle ne connaît pas du tout cette sensation de vide en pleine nature même si dans le cas présent la nature est belle est bien partie en lambeau. Elle me questionne au sujet de l’île mais hormis la crue et mon village dont je ne me souviens pas très bien, je ne sais rien de plus qu’elle. Elle me demande à quoi ressemblait l’île mais même si je l’ai connue dans un meilleur état les colons avaient déjà bien abîmé les terres aussi loin que je m’en souvienne, c'est tout ce que je sais. Moi aussi je la questionne car son mode de vie est pour le moins invraisemblable, le métatruc, Clavo une intelligence artificielle tout ceci est si étrange que ça ne semble même pas vrai… mais il faut dire que même si cela est son imagination ça en reste passionnant. Son âme s'agrandit à chaque mot, chaque pas, elle est de plus en plus présente. Nous sommes arrivés au camp, et j’ai dû aller pêcher, elle est venu avec moi mais semblait vraiment perturbé par la situation, elle n’a jamais connu de telle chose, jamais vu de poisson vivant dans la vraie vie c’est invraisemblable Alors que nous allons nous coucher, elle souhaite aller voir le ciel, Je la rejoins et je suis soudain éprise d’une envie folle de la prendre dans mes bras de la remercier pour cette journée je ne me suis jamais sentie aussi bien ! Je ne sais pas pourquoi mais je n’y arrive pas mais pourtant je n’arrive pas à ne pas la regarder dans les yeux… elle est tellement belle, cette brise, le son des vagues tout ce qui est ici m’envoute. J'étais tellement seule sur cette île et je ne me souvenais plus de ce qu'était cette chaleur humaine mais lorsque j’y pense cela pourrait bien être la chose la plus merveilleuse au monde. Mais que j’ouvre les yeux au matin, mon corps et mon esprit semblent tout faire pour arrêter le temps, c’est si étrange… elle me propose de me mettre en route mais je ne veux pas faire ça… pourtant il faut que je parte. Alors que je la raccompagne nous n'arrêtons pas d’échanger encore et encore, alors que j'aperçois le drone j’envisage sérieusement de faire mine que nous nous sommes perdu et de repartir… mais elle l’a vu… Pourquoi ai-je fait cela… pourquoi je l’ai raccompagné Et bien, la voilà partie… aussi vite qu’elle est arrivée, n’ais-je donc été pour elle qu’une aide pour atteindre son but… Pourtant son âme émanait tellement fort… j’ai dû me tromper. La journée passa, je retrouvais mes occupations habituelles, chercher des plantes vivantes, enterrer les déchets… recommencer… La nuit commence à tomber, je rejoins le camp, je pêche, je mange, je m'ennuie… je me couche. — Amihan ! Je dois rêver, que fait-elle ici ? Avant que je n’ai le temps de dire quoi que ce soit elle se jette dans mes bras… — N’ai pas peur, je vais te présenter Clavo. Après nous la rangerons, je souhaite profiter pleinement de cette journée avec toi mais tu dois savoir. Je sais que cela va être impressionnant pour toi, mais je resterais avec toi ne t’en fait pas Clavo est gentille. Elle me met des lunettes, je sursaute… je suis terrifiée par cette technologie — Clavo… montre lui l’île avant dit elle ma bouche s’ouvre en grand tout et si beau, si vert, si radieux l’île grouille de vie c’est magnifique une larme coule le long de ma joue. — Je suis avec toi Amihan Est-ce que tu veux voir ce qui est arrivé ? Des trous partout, des colons, de la palmes, du nickel , la forêt était en train de s’éteindre sous mes yeux. Mais là je vis quelque chose d’incroyable, ces deux enfants là, l’une d’entre elle porte la même tâche de naissance que Nova — Je savais que c’était toi… Nova Je pensais que je m'étais trompé. Clavo lui expliqua la vérité, elle venait d’ici et avait été accueilli par la chine le jours de la crue… c’est donc là bas qu’ils étaient tous partis ? Clavo ne voulait plus rendre les humains stupide elle voulait les aider c’est dans ce but qu’elle avait amener Nova ici. Elle est en état de choc, je lui propose d’aller se mettre un petit peu dans l’eau pour m’aider à me calmer. La voir si dévastée me brise le cœur En réalité, je la connaissais bien avant tout cela mais aujourd’hui les choses étaient différentes. Elle me bouleverse. Après un long repos, elle se leva et voulait à tout prix parler à Clavo Elle essaya de la convaincre de l’oublier et de rester ici… mais elle avait une autre idée… Clavo pourrait nous aider à reconstruire cette île… — Amihan y a mis tout son cœur mais ni elle ni personne n’a gardé de telles compétences de nos jours… Clavo, aide nous à ressusciter cet endroit, fait revenir les autres comme tu l’a fait avec moi, reconstruisons aussi cette forêt dans le métavers pour montrer aux humains comme la nature est belle. Dès le lendemain, nous mettions notre plan en route, Clavo nous guidait dans la forêt à la recherche d'éléments clés pour sauver l’île, à l’aide d’un drone de recherche nous analysions chaque arbre, chaque morceau de terre. À propos de ce drône… j’avoue que j’ai quelques doutes quant au fait que nous ayons le droit de nous en servir et Clavo est resté très vague à ce sujet. Des humains arrivaient chaque jour, le plan de Clavo était en marche, comme avec Nova elle les déposait ici, se coupait obligeant tous ceux qui arrivaient à se connecter à cette nature morte mais dont l’âme émanait si fort. Clavo s’occupait de nous livrer des plantes phytoaccumulatrices qui absorbent les métaux lourds. En quelques semaines, les insectes commençaient à revenir, la vie, elle apparaissait petit à petit. Le moins que l’on puisse dire c’est que Clavo était d’une aide précieuse. Le moins que l’on puisse dire c’est que la vie n’était pas de tout repos sur l’île et chaque nouvelle arrivée était précieuse. Nous avons mené une vie extraordinaire sur cette île, des enfants sont nés, la relève était assurée. Puis est venu le jour où je t’ai rencontré Clémentine. C’est drôle car nous avons toute les deux les mêmes objectifs. J'espère que ton projet aura autant de succès que le mien. D’ailleurs je ne suis pas venue les mains vides j’ai tout ce qu’il faut pour recréer Clavo enfin plutôt… Amihan… c’est le nom que Nova a décidé de lui donner, elle est spécialisée dans l’accompagnement des humains vers la reconnexion à la nature.